Jerilea Zempel

Jerilea Zempel - c. SCS

Artist's statement for Homeland Security (Blanket)

I was going to write an artist statement about how I wanted to turn an oversized, macho, gas-guzzling vehicle into a technological ghost by shrouding it a white, fuzzy cover, reminiscent of women’s handwork from another time, another place. What happened when I reentered the US made me ponder what my lowly art project could mean in a larger political sphere. And it gave me an idea for a title.

My worn-out passport set off the first alarm with the US Border Patrol. US citizens who have traveled to the places I’ve been over the past 9 years (Africa, Australia, Mexico, Central and South America, Turkey and Europe) need to be looked at more carefully.

A half hour at the computer gave the agent cause to put me into another suspicious category meriting a full car search. After going through my computer, digital camera, cell phone, business cards, suitcase, reading materials, boxes of yarn and crochet tools, she returned with my sketchbook in hand. I was taken to a room and told to sit on a bench with handcuffs at both ends.

“Just what were you doing in Canada? “We think you’re engaged in some kind of copyright infringement.” The accusation was based on drawings of cars like this. After a lively discussion, my university faculty status and positive ID persuaded her to call off the dogs. Then she welcomed me back to the US.

“US..SR,” I said, under my breath. At that moment the car cozy in Sackville took on a new
absurd and infuriating meaning: it was my Homeland Security Blanket.

  • Jerilea Zempel, United States 2008

Jerilea Zempel c. image - Homeland Security copy

Enoncé de l'artiste pour Histoire de frontière

Je me proposais de décrire comment j’avais entrepris de transformer un véhicule surdimensionné, viril, et peu économique en essence en un fantôme technologique en l’enveloppant d’une couverture blanche et pelucheuse rappelant les travaux d’aiguille des femmes d’autrefois. Ce qui m’est arrivé quand je suis rentrée aux États-Unis m’a fait réfléchir sur la signification de mon humble projet dans un contexte politique plus large.

Mon passeport un peu écorné a tout de suite alarmé les agents frontaliers américains. Un citoyen américain ayant voyagé dans certains pays à risques comme je l’ai fait au cours des neufs dernières années (Afrique, Australie, Mexique, Amérique centrale et Amérique du Sud, Turquie et Europe) fait nécessairement l’objet d’un examen minutieux.

Après avoir consulté son ordinateur pendant plus d’une demi-heure, l’agente a jugé que j’étais une personne suspecte et a procédé à une fouille complète de ma voiture. Elle a examiné mon ordinateur, ma caméra digitale, mon téléphone cellulaire, mes cartes d’affaire, ma valise, mes livres et ma documentation, mes boîtes de fil et mes crochets, puis elle est revenue tenant en main mon carnet de croquis. On m’a emmenée dans un pièce et sommée de m’asseoir sur un banc muni à chaque extrémité de menottes.

« Que faisiez-vous donc au Canada? Nous pensons que vous êtes mêlée d’une façon quelconque à une violation de droit d’auteur ». L’accusation était fondée sur des croquis de voiture, comme celui qui figure ici. Après de vives discussions et à la lumière de la vérification positive de mon identité et de mon statut de professeur d’université, l’agente a décidé de me relâcher. Elle m’a ensuite souhaité la bienvenue aux États-Unis. « En URSS plutôt » ai-je marmonné.

À ce moment le couvre-voiture que j’avais confectionné à Sackville a pris une toute nouvelle dimension absurde et enrageante : c’était ma couverture de sécurité nationale.

  • Jerilea Zempel, États-Unis 2008